La dépression est une maladie récidivante. Même après une réponse complète à un traitement, une rechute peut parfois survenir plusieurs mois ou plusieurs années plus tard. Cette réalité est bien connue pour les antidépresseurs, mais elle concerne également la rTMS.
Une question revient alors très souvent en consultation :
Si la première cure de rTMS a fonctionné… est-ce qu’une seconde cure fonctionnera aussi ?
Étonnamment, les données scientifiques étaient jusqu’à présent limitées.
Une étude publiée en juillet 2026 dans Acta Psychiatrica Scandinavica apporte des éléments de réponse à partir d’une large cohorte multicentrique de patients traités en conditions réelles.
Une des plus importantes études de « vie réelle » sur le retraitement par rTMS
Les auteurs ont analysé rétrospectivement les données de 259 patients issus de 20 centres spécialisés américains ayant bénéficié d’au moins deux cures de rTMS entre 2023 et 2025.
L’analyse principale portait sur 177 patients ayant présenté une réponse clinique lors de leur première cure puis ayant rechuté suffisamment pour nécessiter une nouvelle prise en charge.
Tous ont reçu un protocole standardisé de stimulation haute fréquence (10 Hz) du cortex préfrontal dorsolatéral gauche (DLPFC gauche).
Des résultats particulièrement rassurants
Chez ces patients ayant déjà répondu une première fois :
- 82,5% répondent de nouveau à la seconde cure.
- 54,2% atteignent même la rémission.
- Le score PHQ-9 diminue de 65% en médiane.
Ces chiffres sont très proches de ceux observés lors d’une première cure de rTMS.
Une amélioration… encore plus rapide
L’un des résultats les plus intéressants concerne la vitesse de réponse. Chez les patients ayant répondu aux deux cures : La réponse apparaît dès la 12ᵉ séance lors du retraitement contre la 16ᵉ séance lors de la première cure
Autrement dit, les patients ne répondent pas seulement à nouveau… ils répondent souvent plus vite.
Comment expliquer ce phénomène ?
L’étude ne permet évidemment pas d’identifier le mécanisme précis, mais plusieurs hypothèses sont envisageables.
La première cure pourrait avoir induit des modifications durables de la plasticité cérébrale, facilitant une nouvelle réponse lorsque les symptômes réapparaissent.
Une autre hypothèse est celle d’une véritable « mémoire » des réseaux neuronaux précédemment modulés par la stimulation.
Enfin, il est possible que la première cure permette simplement d’identifier un sous-groupe de patients dont le cerveau est particulièrement sensible à la neuromodulation.
Probablement que ces différents mécanismes participent simultanément au phénomène observé.
Pendant longtemps, certains patients ont considéré la rTMS comme un traitement « définitif », dont une seule cure devait suffire.
Pourtant une rechute ne signifie pas un échec de la technique. Elle signifie simplement qu’une nouvelle phase de traitement peut être nécessaire.
Limites
Comme toute étude observationnelle, ce travail présente plusieurs limites. Il s’agit d’une étude rétrospective, réalisée dans un seul réseau de centres américains. Tous les patients ont reçu le protocole « classique » (10 Hz gauche), ce qui ne permet pas d’extrapoler directement les résultats aux autres protocoles (Theta Burst, Deep TMS, stimulation bilatérale, etc.).
Enfin, certains changements médicamenteux ou psychothérapeutiques entre les deux cures ont pu influencer les résultats.
Malgré ces limites, il s’agit à ce jour de l’une des plus importantes études consacrées au retraitement par rTMS.
Implications pratiques
Cette étude apporte plusieurs messages très rassurants :
- Une rechute après une première réponse à la rTMS ne signifie pas que la technique ne fonctionnera plus ;
- Une seconde cure permet de retrouver une amélioration chez les anciens répondeurs ;
- Chez les patients qui répondent, cette amélioration apparaît souvent plus rapidement que lors de la première cure.
Conclusion
Cette étude confirme ce que de nombreux cliniciens observaient déjà dans leur pratique quotidienne : la rTMS reste un traitement efficace lorsqu’une dépression récidive après une première bonne réponse.
Elle renforce également une idée importante : la rTMS ne doit probablement plus être envisagée comme une intervention unique, mais comme un traitement pouvant être réutilisé au cours de l’évolution naturelle d’une maladie chronique, exactement comme nous le faisons déjà avec les autres traitements.
Pour les patients ayant déjà bénéficié d’une première cure efficace, le message est finalement simple : une rechute n’est pas synonyme d’impasse thérapeutique. Une nouvelle cure de rTMS a toutes les chances de fonctionner… et pourrait même agir plus rapidement que la première.

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